Comment Planifier et Financer sa Reconversion Professionnelle ?

 

Planifier et financer son projet de formation : le guide complet en 3 étapes clés

Vous ne vous épanouissez plus dans votre vie au travail ? Vous envisagez une réorientation, mais vous ne savez pas par où commencer ? Oser changer de métier n’est pas une tâche facile. La crainte de ne pas pouvoir assurer ses charges fixes, combinée au challenge de redonner une nouvelle direction à sa carrière, peut en arrêter plus d’un. Heureusement, plusieurs solutions existent pour vous accompagner dans le financement et la planification de votre reconversion professionnelle. Dans cet article, nous vous dévoilons les trois étapes incontournables pour traverser sereinement cette période pleine de bouleversements. Découvrez quels sont les dispositifs de prise en charge possibles, leurs conditions d’éligibilité et de mise en œuvre, ainsi que vos interlocuteurs privilégiés qui sauront vous accompagner tout au long de ce processus.

1 — Les bonnes questions à se poser avant de changer de métier

L’impression d’avoir fait le tour du job, la lassitude, l’ennui, un burn-out, une quête de sens, les conditions de travail, etc. Les raisons de vouloir changer de voie professionnelle sont nombreuses. Au moins une fois au cours de leur vie, près de 85 % des actifs se sont déclarés prêts à changer de carrière. Vous êtes décidés, il faut donner un nouvel élan à vos projets. Mais vous connaissez-vous vraiment ? Après avoir identifié le pourquoi avoir envie de tout transformer, réfléchissez à comment il sera possible de déployer vos envies pour le futur.

Quels sont mes objectifs ? Quel est mon besoin précis de formation ?

  • Quelle(s) compétence(s) cherche-je à développer ? ;
  • Ai-je besoin d’une formation certifiante ou diplômante ? ;
  • Les formations s’inscrivent-elles dans un projet plus large, qui conditionne mes choix ?

Définissez vos besoins et vos projets : quelles compétences/connaissances ai-je envie d’utiliser dans mon nouveau métier ? Quelles qualités utilisent mes proches pour parler de moi ? Pourrais-je utiliser cette nature dans ma future activité ?
Affinez votre choix en écrivant sur papier ce qui vous définit, ce qui vous plaît et ce qui vous fait envie. Trouver des liens entre tous ces éléments qui vous caractérisent.
Identifiez éventuellement un métier et faites la liste des aptitudes nécessaires pour bien l’exercer. Vous y reconnaissez-vous ?

Comment je souhaite suivre ma formation ? À quelle fréquence ?

  • En présentiel ? À distance ? Les deux ? ;
  • En continu ? En alternance ? ;
  • Quelques jours ? Des semaines ? Plusieurs mois ?

Définir le rythme que vous pourrez accorder à cette reconversion est primordial pour vous organiser du mieux possible. Allez-vous pouvoir consacrer 100 % de votre temps à cette formation ou conserverez-vous votre emploi pendant toute la durée de celle-ci ? Travailler chez vous plusieurs heures tous les soirs est-il suffisant pour obtenir cette certification ? Est-ce compatible avec votre vie de famille ? Pouvez-vous vous reposer sur des proches pour vous occuper des enfants si besoin ?

S’approcher le plus possible de votre future réalité quotidienne vous aidera à vous projeter et à anticiper les aléas auxquels vous n’aurez pas pensé en amont. Établissez un planning précis et réaliste de vos journées ou de vos semaines, en fonction du rythme voulu, de votre poursuite d’activité, de vos impératifs personnels.

Quels organismes de formation répondent à mes besoins et à mes critères ?

  • Vérifier les références des établissements que vous avez repérés ;
  • Prenez contact avec eux afin de :
    • Vérifier que la formation est confirmée ;
    • Assurez-vous d’avoir les prérequis indispensables au suivi du cursus ;
    • Demander un devis.

Vous avez mis le doigt sur une formation qui vous paraît fiable, sérieuse et qui vous donne envie de vous lancer ? Félicitations ! Mais n’oubliez pas de vérifier son professionnalisme. N’hésitez pas à entrer en contact avec l’équipe pédagogique, afin de leur poser toutes les questions qui vous viennent à l’esprit : le rythme, les emplois du temps, les travaux à rendre, les notes (ou contrôle de continu), les appréciations, la délivrance de votre diplôme ou attestation de fin de formation, les débouchés, les anciens élèves qui pourraient vous apporter leurs témoignages, etc. Parlez-leur de vous et de vos attentes vis-à-vis de ce cursus. Confrontez leur discours avec vos expériences et vos propres compétences, afin de ne rien laisser au hasard. Enfin, n’ayez pas peur de parler d’argent, c’est un point non négligeable pour chacun d’entre nous. Exigez un devis. Proposent-ils des modalités de paiement ? Ont-ils l’habitude de travailler avec des dispositifs de financement ?

2 — Les solutions de prise en charge à connaître pour financer sa reconversion professionnelle

Ces dernières années, les règles encadrant la formation professionnelle ont beaucoup évolué afin d’encourager l’évolution de chaque actif tout au long de carrière. La loi de 2018 promeut la « liberté de choisir son avenir professionnel ». Chacun peut choisir de se former tout au long de sa vie et ce, quel que soit son statut. La demande de formation peut émaner soit de l’entreprise, soit du salarié, soit de Pôle Emploi. Les objectifs sont multiples :

  • maintenir le salarié dans sa fonction ;
  • l’adapter à l’évolution de son poste de travail ;
  • la reconversion professionnelle.

Si cela est votre objectif, libre à vous de choisir d’auto-financer votre démarche. Il est également possible de saisir l’un des financements existants.
Nous vous détaillons ci-dessous les différentes aides qui s’offrent à vous et qui peuvent vous permettre d’obtenir un complément de rémunération pendant votre période de formation.

Le CPF (Compte Personnel de Formation)

Qu’est-ce que le CPF ?

Il concerne tous les salariés dont le temps de travail est supérieur à 50 %. En tant qu’actif, vous cotisez pour vos droits tout au long de votre carrière, dans la limite de 500 € par année complète de travail. La somme sur votre CPF est plafonnée à 5000 €.

Dans le cas des salariés non qualifiés et pour les personnes en situation de handicap, ces droits montent à 800 € par année de travail, pour un montant maximum de 8000 €. Surveillez votre CPF et continuez à vous former régulièrement, afin de ne pas perdre ces sommes excédentaires si le plafond de votre CPF est atteint.

En ce qui concerne les agents de la fonction publique, ceux-ci cotisent au maximum 25 heures par an.

Les bénéfices du CPF

Les avantages du CPF sont nombreux et variés. Grâce au Compte Personnel de Formation, vous pourrez :

  • bénéficier d’un accompagnement à la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) ;
  • acquérir une qualification (diplôme, titre professionnel, etc.) ;
  • préparer les épreuves du permis de conduire ;
  • réaliser un bilan de compétences ;
  • créer ou reprendre une entreprise ;
  • certifier vos connaissances et vos compétences.

Comment l’utiliser via votre compte CPF ?

    1. Connectez-vous à moncompteformation.gouv.fr.
    2. Activer votre CPF avec votre numéro de sécurité sociale et une adresse mail valide
    3. Une fois votre compte créé, consultez directement votre crédit en euros. Il est enregistré, mis à jour automatiquement et non cessible.
    4. Parcourez l’ensemble du catalogue de formations disponibles.

⚠ Attention, toutes les formations proposées par les organismes ne sont pas nécessairement éligibles au CPF. Seules celles présentes sur le site sont finançables via ce dispositif.

  1. Finalisez votre inscription directement sur le site ou via l’application. Utilisez vos droits pour payer la formation choisie.

Des informations utiles en plus…

  • C’est le salarié qui choisit quand et comment utiliser ses droits CPF. L’employeur ne peut pas imposer d’utiliser un CPF pour financer une formation. Exception faite dans le cas d’un agent de la fonction publique, où il peut être mobilisé par l’employeur.
  • Le collaborateur doit demander une autorisation d’absence s’il se forme sur son temps de travail. Sa rémunération reste inchangée. En revanche, se former sur son temps libre ne donne pas droit à une rémunération supplémentaire. Par ailleurs, l’employeur est libre d’accepter ou de refuser cette demande.
  • Un abondement est possible si le coût de la formation est supérieur au montant des droits acquis.

Le PDC (Plan de Développement des Compétences)

Le PDC est interne à l’entreprise et à l’initiative de l’employeur : il recense l’ensemble des actions de formation mises en œuvre par la société pour ses collaborateurs. Ce dispositif n’est pas obligatoire. Il concerne toutes les entreprises, quelle que soit leur taille.
Tous les salariés actifs peuvent également demander de suivre une formation. Cette sollicitation peut être acceptée ou refusée par la direction. Si les deux parties sont d’accord, le départ en formation de l’employé reste assimilé à l’exécution normale de son contrat de travail.

➡️Plus d’informations sur le PDC.

Le PTP (Projet de Transition Professionnelle)

Le PTP est à l’initiative du salarié. Il faut pour cela être en activité et avoir cumulé au moins deux années d’activité à temps plein (consécutives ou non), dont une dans l’entreprise actuelle. La demande doit être déposée auprès de la commission de l’antenne Transition Pro du domicile.

Le coût de la formation et le salaire du travailleur peuvent être pris en charge. Si le salarié souhaite utiliser son CPF, il doit avoir sélectionné une formation éligible à ce dispositif.

➡️Tout savoir sur le PTP.

La Pro-A (Reconversion ou Promotion par l’Alternance)

La reconversion par l’alternance peut être initiée par le salarié ou par l’employeur. Elle permet au collaborateur de changer de profession ou de bénéficier d’une promotion sociale ou professionnelle. L’employé doit être en CDI et son dernier niveau de diplôme, inférieur à bac +3. Ce parcours alterne enseignements théoriques et activité professionnelle.

Les formations disponibles dans ce dispositif sont :

  • celles enregistrées au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ;
  • celles concernées par le certificat de qualification professionnelle (CQP) ;
  • les qualifications reconnues dans les classifications d’une convention collective nationale de branche ;
  • identifiées dans les Validations des Acquis de l’Expérience (VAE).

La formation s’organise autour de l’alternance cours théoriques/présence du salarié en entreprise (minimum 150 h sur 6 mois). Un avenant au contrat de travail doit être rédigé.
Lors du cursus théorique, le temps de formation hebdomadaire ne doit pas dépasser le temps de travail effectif.

Les coûts de formation peuvent être pris en charge par l’OPCO, dans la limite du taux horaire défini dans le contrat de travail du salarié.

Qu’est-ce que l’OPCO ? L’Opérateur de Compétences (OPCO) est un organisme qui aide les entreprises à mettre en œuvre toutes leurs obligations en matière de formation professionnelle. Ils agissent dans le développement de l’apprentissage, celui des branches professionnelles et dans l’accompagnement des très petites entreprises (TPE) et des petites moyennes entreprises (PME).

➡️En savoir plus sur la Pro-A.

La suspension du CDI pour un contrat d’apprentissage

Le salarié, comme l’employeur, peut décider de mettre un terme au contrat de travail à durée indéterminée, si les deux parties estiment bon pour l’évolution professionnelle du collaborateur, de favoriser la voie de l’apprentissage. Pour y avoir droit, l’employé doit être dans l’un de ces cas de figure :

  • avoir entre 16 et 29 ans révolus ;
  • avoir demandé la RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) ;
  • être sportif de haut niveau ;
  • avoir un projet de création ou de reprise d’entreprise nécessitant le diplôme ou le titre visé.

Les formations concernées par ce dispositif sont celles faisant partie du catalogue RNCP ou donnant droit à des diplômes éligibles à l’apprentissage. Elles s’exécutent en alternance (sur une durée minimum de 6 mois). Pendant ce laps de temps, le contrat de travail du salarié est suspendu.

L’OPCO peut prendre en charge une partie des coûts, tandis que la rémunération du futur alternant sera établie en fonction de la grille minimale réglementaire définie dans la loi sur les contrats d’apprentissage.

➡️Cliquez ici pour tout savoir sur l’apprentissage.

Le contrat d’apprentissage

Ce même dispositif est également possible si la personne souhaitant se reconvertir est sur les listes des demandeurs d’emploi. Les conditions d’accession restent inchangées, sauf concernant l’âge. Un contrat d’apprentissage est réalisable jusqu’à 34 ans. Si un redoublement s’impose, les contrats d’alternance peuvent se succéder jusqu’à l’obtention du diplôme supérieur.

Par ailleurs, la grille de salaire est spécifique et dépend d’un pourcentage du SMIC, qui varie avec l’âge et le niveau de qualifications.

➡️Apprenez-en plus sur le contrat d’apprentissage.

Le contrat de professionnalisation

Autre dispositif spécialement conçu pour les demandeurs d’emploi : le contrat de professionnalisation. La personne doit avoir entre 16 et 25 ans révolus. Si elle a plus de 26 ans, il suffit qu’elle soit en recherche d’emploi (sans être nécessairement inscrite à Pôle Emploi). Les formations concernées sont celles listées dans le registre RNCP (ou diplômes), les CQP et celles inscrites dans la reconnaissance de la convention collective. Elles s’organisent aussi en alternance (150 h sur minimum 6 mois).

L’OPCO peut s’occuper d’une partie de prise en charge des frais mobilisés. La grille de salaire reste à définir en fonction d’un pourcentage du SMIC, fluctuant avec l’âge et le niveau de diplôme de la personne formée.

➡️Renseignez-vous sur le contrat de professionnalisation.

3 — Les accompagnements complémentaires selon votre statut actuel

Les régions et Pôle Emploi ont aussi mis en place des dispositifs spécifiques, adaptés au statut particulier des demandeurs d’emploi, des travailleurs indépendants et des agents de la fonction publique.

Pour les demandeurs d’emploi

Le Programme Régional de Formation (PRF) met en place des actions de formation collective dont des places sont directement achetées par le Conseil Régional. Rendez-vous sur le site du CARI-OREF de Normandie.

Pôle Emploi a développé 4 aides individualisées, pour répondre au mieux aux attentes des inscrits. Elles sont organisées en partenariat entre l’OPCO et l’établissement chargé de l’emploi en France.

  • La préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC) : ce dispositif répond à des besoins en compétences des entreprises présentes dans les bassins d’emploi locaux. Les séances sont organisées par les OPCO et financées par Pôle Emploi. Toutes les informations sont disponibles sur la page Pôle Emploi dédiée.
  • L’action de formation préalable au recrutement (AFPR) : il s’agit d’une aide au financement d’une formation avant une future embauche en CDD, de 6 à 12 mois. Si le salarié souhaite postuler à une offre, mais qu’il a identifié une ou des compétences manquantes, il peut se former avec l’accord du futur employeur. Vous retrouverez toutes les informations ici.
  • La préparation opérationnelle à l’emploi individuelle (POEI) : cette aide est similaire à la précédente, mais permet de déboucher sur des recrutements en CDI ou CDD supérieur à 12 mois. Consultez la page Pôle Emploi consacrée à cette formation.
  • L’aide individuelle à la formation (AIF) : elle vient compléter les autres dispositifs en cas de reste à charge et si aucun autre financement n’est possible. Plus d’informations sur le site de Pôle Emploi.

Pour les indépendants

Dès l’étape de l’élaboration de votre micro-entreprise, sollicitez vos interlocuteurs privilégiés. Pôle Emploi, la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) et la Chambre des Métiers de l’Artisanat (CMA) sont les mieux placés pour vous aider à constituer une étape de marché ou à construire votre projet, à vous guider dans votre démarche et à vous accompagner tout au long du processus de création de votre nouveau statut.

Après la première année, vous avez droit aux FAF (Fonds d’Assurance Formation) si vous avez payé la Contribution Formation Professionnelle (CFP) pendant vos 12 premiers mois d’activité.

Comment trouver son FAF ? Télécharger votre attestation de versement CFP sur le site de l’Urssaf, avec votre code NAF, remis lors de la création de votre micro-entreprise.

Pour la fonction publique

Malgré leur statut particulier, les agents des métiers de l’administration ont accès à différents services en cas de réorientation professionnelle :

  • formation initiale et continue ;
  • période de professionnalisation ;
  • Compte Personnel de Formation ;
  • congé de formation professionnelle ;
  • bilan de compétences ;
  • congé de transition professionnelle.

Les dispositifs ou congés spécifiques liés à la formation dépendent de leur entité de rattachement :

  • Fonction Publique d’État (FPE) ;
  • Fonction Publique Territoriale (FPT) ;
  • Fonction Publique Hospitalière (FPH).

Vos demandes de formation ou d’accompagnement à la réorientation doivent être adressées directement à l’administration correspondante.

Vous avez désormais toutes les cartes en main pour organiser, dans les meilleures conditions, votre réorientation professionnelle. Une reconversion est une démarche qui s’inscrit sur du long terme et qui peut vite devenir coûteuse. Ne vous lancez pas seul dans l’inconnu. Pour un accompagnement personnalisé, n’hésitez pas à solliciter les différents services d’accompagnement gratuits.

Malgré tous ces conseils, vous vous sentez perdus ? Vous hésitez entre un bilan de compétences ou un bilan professionnel ? Si vous souhaitez faire le point, les conseillers Ressources et Progrès sont à votre écoute pour un premier rendez-vous téléphonique, afin de vous aiguiller dans votre choix. Prenez contact avec nos équipes, nous reviendrons vers vous au plus vite !

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